Lorsque tu ne sais pas où tu vas, regarde d'où tu viens.

(et réciproquement)

née à Paris au pied de la butte en 1955 ( rue d'Orsel pour ceux qui connaissent) à l'époque il n'y avait dans cette rue qu'une laiterie parisienne, une mercerie, une dame qui sortait sa chaise dehors pour prendre l'air, des gens qui faisaient "pelope"....Tati commençait à peine à envahir le boulevard Barbès.

une rue entre le Sacré Coeur et LE boulevard.... celui qui va de la Gare du Nord à la place Clichy, en passant par Barbès et Pigalle.

une rue frontière entre

d'un côté, la village, Montmartre, son jardin, d'abord terrain de jeu, plus tard le terrain des roulades sur les pelouses interdites, les escalades sur les toits de la basilique et plus tard encore les roucoulades dans les contre-allées

de l'autre côté, la faune, les loubards, les méchants, les voleurs, les putes, les flics

une rue carrefour entre

d'un côté la Goutte d'or, le marché sous le métro,

de l'autre, la place des Abesses, la rue Lepic,

à mes pieds, les marchands de tissus et les marchandes des 4 saisons

et sous mes yeux, les chanteurs de cour, l'homme orchestre, les montreurs d'ours, les gros costauds qui brisaient leurs chaînes..

et même le vitrier, le rémouleur, les charbonniers


Découvrez Georges Chelon!

et c'est dans cette petite rue de ma jeunesse que j'ai attendu, plus ou moins patiemment de partir

partir très vite à la découverte de l'ailleurs, chercher mes marques, d'autres repères, laisser mes empreintes

chercher ma tribu

Là où le coeur est, les pieds n'hésitent pas à y aller " (proverbe togolais)