Depuis plus de 500 ans, les règles et les théories d'un vieux cheikh arabe, et les interprétations abusives de générations de prêtres crasseux et ignares ont fixé, en Turquie, tous les détails de la loi civile et criminelle. Elles ont réglé la forme de la constitution, les moindres faits et gestes de la vie de chaque citoyen, sa nourriture, ses heures de veille et de sommeil, la coupe de ses vêtements, ce qu'il apprend à l'école, ses coutumes, ses habitudes et jusqu'à ses pensées les plus intimes. L'islam, cette théologie absurde d'un bédouin immoral, est un cadavre putréfié qui empoisonne nos vies.
Mustapha Kémal Aratürk / 1881-1938
Ma lettre à dieu
Bonjour,
Je ne crois pas en votre existence, mais je vous écris quand même, parce que tant d'autres personnes vous ont entendu et même vu qu'il m'est impossible de vous nier. Je pense que vous n'êtes qu'une idée. Une idée multiple. Toutes les idées du monde. L'espoir, le jugement, le bâton et la carotte, la conduite, la raison... Vous êtes la guerre et la paix, l'amour et la haine, la passion. L'abnégation.
Si vous existiez, je vous plaindrais. Vous êtes le bouc émissaire, le redresseur de torts, le bourreau. Vous êtes la vie et la mort. Vous êtes le savoir, la vérité absolue. Un terroriste. Et qui ne vénère pas son terroriste quand celui-ci a la magnanimité de l'épargner? Personne.
Je sais de quoi je parle. Enfant, j'ai cru en vous. Tout comme j'ai cru au Père Noël. Avec la certitude de ma naïveté. Ey j'ai également été soulagée lorsque j'ai réalisé que vous, comme lui, n'existiez pas vraiment. Je vous imaginais alors tous deux comme des juges omniprésents de mas actions.
Chez moi, un mois avant Noël, surgissait la feuille blanche sur laquelle s'alignaient des croix tout au long de ce maudit mois de décembre. Croix rouges pour toutes les mauvaises actions, croix bleues pour les bonnes. Ce calcul m'était destiné, pour que je sache où j'en étais, vu que le père Nël était déjà au courant de ma conduite...Conduite, qui, grâce à ce statagème; s'améliorait en effet nettement jusqu'à ce que, toujours, les croix bleues prennent le dessus sur les rouges. Mais peut-être s'agissait-il seulement d'une faiblesse parentale ne voulant pas se priver du bonheur d'offrir des cadeaux à Noël... Peu importe. L'important est que cette petite torture se soit terminée. D'autant plus que ne plus croire au Père Noël ne m'a jamais empêchée de recevoir des cadeaux de Noël!
J'ai mis plus de temps à me débarrasser de mes croyances, et donc de mes peurs, envers vous. Vous et vos sbires. Vous étiez en effet toute une flopée à me surveiller, des saints, des anges, sans compter le diable qui va avec. Je n'arrivais pas à m'endormir sansvous avoir demandé protection contre lui. Mes prières s'adressaient à chacun d'entre vous, à tous ceux que je connaissais et ma liste s'allogeait au fur et à mesure que je grandissais. Mon dieu, protégez-moi du mal, sainte Marie, protégez-moi, sainte Rita, saint Pierre, Paul, Jacques... Et tant d'autres dont je ne me souviens plus les noms... Ayez pitié de moi, ne laissez pas le diable me tourmenter... Ces prières étaient d'autant plus sincères que je n'étais pas un ange! J'avais peur. Vraiment peur.
Et un jour, miraculeux on peut le dire, le diable est entré dans mon corps. J'avais 15 ans. Et sans que je m'en rende compte, j'ai cessé mes prières. Du jour au lendemain. Sans doute étaient-elles devenues inutiles, le mal étant moins pire que la peur du mal. J'étais pourtant en souffrance, mais cette souffrance était à l'intérieur de moi et j'en étais maître. Je l'ai d'ailleurs maîtrisée. Je ne vous dois rien. Vous êtes l'idée universelle, et je suis ma propre idée. Vous êtes la bêtise, et je suis ma propre bêtise. Vous êtes la certitude et je suis le doute.
J'ai 50 ans aujourd'hui et j'ai vécu tout ce temps sans songer à vous. Du moins en tant qu'entité. Je vous ai pensé comme étant la plus grande perversité de l'humanité. J'ai souri intérieurement de tous ces imbéciles vous vénérant, tous ces apeurés. J'ai grincé aussi : combien de crimes en votre nom pour combien de mains tendues?
Aujourd'hui, je vous écris pour vous demander de disparaître à jamais. Pour laisser à chacun sa chance de découvrir le monde, sa beauté et le reste de l'humanité par ses propres sens. Pour laisser chacun avec sa propre conscience, dans la limite de sa propre vie. Et que le pouvoir, dont vous êtes le représentant suprême, quitte à jamais l'esprit de vos pauvres disciples.
Je vous demande de disparaître afin que ceux qui ne vous croient pas ne se sentent plus obligés de vous détruire, ni surtout de détruire toutes les merveilles créées en votre nom. Et que règne enfin sur cette terre, le simple respect humain des corps et des coeurs.
Sans vous croire, mais avec le souvenir intact de mes certitudes enfantines, je vous prie de croire, Monsieur C'est-moi-qu'ait-raison-en-toute-heure-et-en-tout-lieu, en la profonde sincérité de cette lettre.
Evelyne
statue 53m, détruite
juste la mélodie à écouter en lisant le texte
Par le petit garçon qui meurt près de sa mère
Tandis que des enfants s'amusent au parterre
Et par l'oiseau blessé qui ne sait pas comment
Son aile tout à coup s'ensanglante et descend
Par la soif et la faim et le délire ardent
Je vous salue, Marie.
Par les gosses battus, par l'ivrogne qui rentre
Par l'âne qui reçoit des coups de pied au ventre
Et par l'humiliation de l'innocent châtié
Par la vierge vendue qu'on a déshabillée
Par le fils dont la mère a été insultée
Je vous salue, Marie.
Par la vieille qui, trébuchant sous trop de poids
S'écrie: " Mon Dieu ! " par le malheureux dont les bras
Ne purent s'appuyer sur une amour humaine
Comme la Croix du Fils sur Simon de Cyrène
Par le cheval tombé sous le chariot qu'il traîne
Je vous salue, Marie.
Par les quatre horizons qui crucifient le monde
Par tous ceux dont la chair se déchire ou succombe
Par ceux qui sont sans pieds, par ceux qui sont sans mains
Par le malade que l'on opère et qui geint
Et par le juste mis au rang des assassins
Je vous salue, Marie.
Par la mère apprenant que son fils est guéri
Par l'oiseau rappelant l'oiseau tombé du nid
Par l'herbe qui a soif et recueille l'ondée
Par le baiser perdu par l'amour redonné
Et par le mendiant retrouvant sa monnaie
Je vous salue, Marie
"IL [Jésus] a rassemblé autour de lui, sans choix, un ramassi de gens simples, perdus de moeurs et grossiers, qui constituent la clientèle ordinaire des charlatans et des imposteurs".
Celse (2ème siècle), Discours vrai
aujourd'hui c'est la saint :